Au Royaume-Uni, Suella Braverman, la ministre de tous les excès

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Suella Braverman va-t-elle ou pas démissionner ? Car la ministre de l’intérieur britannique, figure la plus controversée du gouvernement de Rishi Sunak, accumule les polémiques. Dernière en date : fin mai, à la suite des révélations du Sunday Times, cette femme de 43 ans, très à la droite du Parti conservateur, a été soupçonnée d’avoir violé le code ministériel en demandant à des fonctionnaires si, à la suite d’un excès de vitesse à l’été 2022, ils pouvaient discrètement lui arranger un stage particulier de sensibilisation routière.

Cette adepte des robes colorées et des grosses boucles d’oreilles a donné une autre version, assurant qu’elle « regrettai[t] profondément » son infraction, mais qu’elle était en règle, ayant payé son amende. Tout en précisant qu’au lieu d’assister avec des inconnus à un cours de conduite, elle assumait la perte de ses points de permis.

Malgré les appels à la démission lancés par le Parti travailliste, le premier ministre, Rishi Sunak, s’est contenté de ces explications. Il a probablement estimé que se débarrasser de cette égérie des brexiters durs de son propre parti n’était pas la meilleure idée. Car ces
derniers s’agitent à nouveau, estimant qu’il déroule un programme trop modéré.

Fin octobre 2022, Liz Truss, la précédente première ministre britannique, avait eu moins de scrupules en évinçant Suella Braverman de son gouvernement. Il faut dire que son faux pas d’alors semblait plus sérieux : déjà ministre de l’intérieur, elle avait admis avoir transmis des documents confidentiels depuis son adresse mail privée à un collègue député. Cette sanction n’a pas porté chance à Liz Truss, qui a elle-même dû démissionner le lendemain pour avoir tenté d’imposer une politique de baisses d’impôts non financées ayant fait trembler les marchés financiers.

A l’époque, la politique britannique semblait avoir perdu le nord : six jours après son départ, Suella Braverman était réinstallée au ministère de l’intérieur par Rishi Sunak, le ­successeur de Liz Truss. Le Parti travailliste soupçonnait le nouveau dirigeant d’avoir ­réintégré la ministre pour s’assurer les suffrages de l’aile droite des conservateurs et éviter qu’ils aillent soutenir l’ex-premier ministre Boris Johnson, qui rêvait d’un « come-back ».

Cheffe de file anti-woke

Mais ce sont surtout les propos choquants de cette diplômée en droit de Cambridge et de la Sorbonne (où elle a décroché un master), ex-procureure générale de Boris Johnson, qui font régulièrement scandale. A l’automne 2022, lors de la conférence annuelle des conservateurs, Suella Braverman disait « rêver » de voir des avions remplis de réfugiés décoller pour le Rwanda, avec lequel Londres venait de signer un accord pour qu’y soient accueillis des demandeurs d’asile.

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Lot atik