
Il s’agit d’une des plus vastes opérations de la police allemande depuis de longues années. Le jour n’était pas encore levé, mercredi 7 décembre, quand plus de 3 000 policiers ont mené un vaste coup de filet contre un réseau terroriste d’extrême droite dont les membres sont soupçonnés d’avoir préparé plusieurs attaques armées, notamment contre le Bundestag.
Au total, vingt-cinq personnes ont été interpellées dans onze des seize Länder du pays et plus de 130 logements, bureaux et entrepôts ont été perquisitionnés, parmi lesquels la caserne du commando des forces spéciales de la Bundeswehr, situé à Calw (Bade-Wurtemberg), dans le sud-ouest de l’Allemagne.
Selon les informations du Spiegel, les membres de ce réseau terroriste seraient liées aux Reichsbürger (« citoyens du Reich »), un mouvement apparu dans les années 1980 dont les membres ne reconnaissent pas la légitimité des institutions de l’Allemagne fédérale, prônent le rétablissement de l’empire (le Reich) et refusent d’obéir à la police de l’Etat et de payer impôts, amendes et cotisations sociales. Le groupe – une nébuleuse plutôt qu’une organisation solidement structurée – compterait environ 15 000 membres à travers le pays.
Selon plusieurs médias, deux personnalités de cette mouvance, qui n’a jamais caché ses velléités séditieuses, ont été arrêtées en particulier. La première est un ancien commandant parachutiste, Rüdiger von P., âgé de 69 ans. La seconde est le descendant d’une vieille famille de l’aristocratie allemande, connu sous le nom d’Henri XIII, prince Reuss, âgé de 71 ans et vivant en Thuringe, une région de l’ancienne Allemagne de l’Est où l’extrême droite est fortement implantée et solidement organisée.
Antisémitisme
Inconnu du grand public, le prince Reuss, dont la généalogie lui confère une certaine aura parmi les Reichsbürger, n’a jamais caché sa détestation des institutions républicaines ni son antisémitisme. Selon les enquêteurs, ces deux hommes auraient été les têtes de pont d’un vaste réseau dont l’objectif principal était d’organiser un assaut armé contre le Bundestag, même si d’autres actions étaient prévues, notamment l’enlèvement de plusieurs responsables politiques. A cette fin, ils auraient notamment cherché à s’assurer des soutiens au sein de la police et de l’armée. Quatre réunions auraient été organisées dans le Bade-Wurtemberg durant l’été, Rüdiger von P. étant soupçonné de s’être rendu à diverses reprises dans le nord de l’Allemagne, cet automne, pour recruter des policiers.
Une fois leur coup d’Etat réussi, le groupe aurait même imaginé de placer à la tête du nouveau gouvernement allemand le prince Reuss. Selon les enquêteurs, le septuagénaire aurait tenté de s’assurer du soutien de la Russie, s’appuyant pour cela sur sa jeune compagne, prénommée Vitalia et âgée de 39 ans. A ce stade, l’enquête n’a pas permis d’établir si des contacts ont été effectivement établis avec Moscou ou s’il s’agissait seulement de projets fomentés par ce groupe de conspirateurs.
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