La Chine mise en cause à Bruxelles pour le piratage de l’ordinateur d’une parlementaire

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Els Van Hoof, membre de la Chambre des représentants de Belgique, au Parlement fédéral à Bruxelles, le 25 avril 2024.

Les services de renseignement belges disaient n’avoir rien trouvé à l’époque, mais une enquête menée par le FBI sur une tentative chinoise d’espionnage de responsables américains l’a confirmé : l’ordinateur d’Els Van Hoof, la présidente de la commission des affaires étrangères à la chambre desreprésentants (l’Assemblée), a bel et bien été piraté, en 2021, par des hackers chinois du groupe APT31 (ou Zirconium), liés aux services de renseignement de Pékin.

Mme Van Hoof dit en avoir été informée il y a un mois. L’attaque qui l’a visée était vraisemblablement liée au fait qu’elle est membre de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (Ipac), créée en 2020 et regroupant des membres du Parlement européen et d’une trentaine d’assemblées. L’Ipac entend apporter des « réponses coordonnées » à Pékin en matière de droits de l’homme, de sécurité et de commerce. Selon Mme Van Hoof, quelque quatre cents membres de l’Alliance auraient été visés par des cyberattaques.

L’élue du parti Chrétiens démocrates et flamands (CD&V) a estimé « très inconfortable » le fait que Pékin ait pu suivre ses activités et la localiser durant trois ans. Elle dit, par ailleurs, avoir été l’objet de menaces et d’intimidations, notamment de la part de l’ambassade de Chine à Bruxelles. « Cela visait à me faire taire mais je n’ai pas changé d’avis quant à la situation à Taïwan ou celle des Ouïgours », a-t-elle déclaré sur la chaîne publique néerlandophone VRT.

Un autre élu piraté

En mai 2021, la commission qu’elle dirigeait avait entendu le témoignage de la minorité musulmane ouïgoure, certains évoquant les menaces de représailles qu’ils avaient reçues s’ils s’exprimaient publiquement. A une autre occasion, le système de visioconférence du Parlement belge avait été paralysé par une cyberattaque. Mme Van Hoof prône désormais la création d’un service spécifiquement chargé de la sécurité informatique pour son assemblée.

En réaction, la ministre des affaires étrangères, Hadja Lahbib, a indiqué, jeudi 25 avril, sur le réseau X, qu’elle convoquerait « le chargé d’affaires chinois » pour évoquer cette affaire. « Les membres du Parlement doivent pouvoir travailler librement. C’est le fondement de notre démocratie », a commenté la responsable libérale francophone.

En 2021, un autre élu, l’écologiste, Samuel Cogolati, avait été victime du même groupe de hackers. Il en avait été averti en 2023. « Ce qui m’inquiète, c’est que le premier ministre Alexander De Croo m’a dit, à l’époque, que j’étais le seul concerné », a-t-il déclaré au Monde. En 2021, ce député – également membre de l’Ipac – avait déposé une proposition de loi visant à qualifier de « génocide » le sort réservé aux Ouïgours en Chine. Son geste avait suscité une protestation immédiate de la diplomatie chinoise.

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