La propagande chinoise peine à trouver le ton après l’abandon de la politique zéro Covid

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Après trois ans passés à contrôler la vie des gens étroitement, à présenter le Covid-19 comme une menace mortelle et à se moquer du « chaos » qui régnait aux Etats-Unis, la propagande chinoise peine à trouver le ton à l’heure de l’ouverture. Le 7 décembre, la Chine a prononcé la fin de sa politique zéro Covid : plus de tests généralisés, plus de centres d’isolement pour les malades, plus de confinement pour des villes entières. Plus de décompte quotidien du nombre de personnes infectées non plus, puisque les tests ne sont plus obligatoires. Dans ces conditions, le virus se diffuse à une vitesse exceptionnelle, créant une première vague ressemblant plus à un tsunami dans une population qui n’avait jamais connu le Covid-19 jusqu’ici.

Comme ailleurs, les hôpitaux commencent à saturer, et les crématoriums tournent à plein. Mais cette situation nouvelle est plus difficile à défendre pour un régime qui a fait du faible nombre de victimes durant ces dernières années une source de légitimité, même si cette politique coûtait cher à une grande partie de la population, privée de liberté.

L’un des symboles de ce virage à 180 degrés dans la communication officielle est l’un des nouveaux slogans en vogue : « Chaque personne est individuellement la première responsable de sa santé. » Le message est apparu la première fois dans une lettre envoyée aux citoyens de Shijiazhuang, la capitale du Hebei, au sud de Pékin – une zone qui a abandonné les tests PCR obligatoires dès le 13 novembre, avant de revenir en arrière devant l’inquiétude des citoyens déboussolés. Le même slogan est apparu ensuite le 1er décembre sur la tour Canton, le plus haut gratte-ciel de la capitale du Guangdong, l’une des premières villes de Chine à relâcher les contrôles face au Covid-19. Depuis, il est repris partout, affiché sur des banderoles en sinogrammes jaunes sur fond rouge, et réaffirmé par les autorités, accompagnant par exemple un message conseillant aux étudiants de faire de l’exercice pour renforcer leur système immunitaire. Quelques semaines plus tôt, à la mi-novembre, une série d’éditoriaux dans le très officiel Quotidien du peuple, appelaient encore à « résolument appliquer la dynamique politique zéro Covid ».

L’Etat, qui s’immisçait jusque dans l’intimité des Chinois sans leur laisser le choix, pour « les protéger » d’une menace sans cesse amplifiée par la propagande, conseille aujourd’hui aux citoyens chinois de se débrouiller. Le message passe mal. « Ils ont ouvert le pays vraiment du jour au lendemain, sans la moindre préparation, sans formation pour le personnel, sans préparer assez de médicaments. Et sans préparer la population pour lutter contre la peur que les gens ont du virus, après l’avoir diabolisé pendant trois ans, juge M. Zhang, un Pékinois de 49 ans dont la mère est morte du Covid-19. Un premier établissement, saturé, avait refusé d’accueillir sa mère, qui a perdu de précieuses heures avant d’avoir accès à des soins. « Tout ça pour ça : ils auraient dû arrêter avec le zéro Covid au printemps dernier. Je ne vois pas à quoi leur ont servi ces huit mois de politique zéro Covid en plus », soupire-t-il.

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