Le dernier adieu du Brésil à son «Roi» Pelé

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Après une longue veillée, le légendaire footballeur brésilien a été accompagné jusqu’à sa dernière demeure.

À Rio de Janeiro

Plus de 150.000 personnes se sont rendues lundi et mardi au stade Vila Belmiro, à Santos, ville portuaire sur la côte de São Paulo, où Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, ou «le Roi», tout simplement, a fait ses débuts en 1956. Il jouera au Santos FC jusqu’en 1974, offrant au club deux Copa Libertadores et deux Coupes intercontinentales, ainsi qu’une renommée planétaire.

Sous un soleil de plomb, et toute la nuit durant, les fans ont parfois fait des kilomètres de queue et attendu plusieurs heures pour rendre un dernier hommage au triple champion du monde. «Je ne l’ai jamais vu jouer, mais, à Santos, aimer Pelé est une tradition qui se transmet de père en fils», confiait Claudio Carrança, un commercial de 32 ans.

«Il a laissé son art, ce qui est le plus important»

Pendant les années 1960-1970, Pelé était l’un des athlètes les plus connus au monde, et il reste pour beaucoup le plus grand footballeur de tous les temps. Il a serré la main de nombreux présidents, salué des membres de la royauté, et son passage au Nigeria en 1969, en pleine guerre civile, aurait provoqué un cessez-le-feu de 48 heures, le temps que le titan du foot et son équipe affrontent la sélection nigériane.

Serginho Chulapa, 69 ans, autre star du ballon rond, a lui aussi joué pour Santos. Aux côtés d’autres ex-joueurs du club, il est venu faire ses adieux. «Il a rempli sa mission ici sur terre, c’est ce qui compte. Il a porté le nom du Brésil, le nom de Santos dans le monde entier», a-t-il dit à quelques journalistes en sortant du stade. «Son héritage, tout le monde le connaît. Il a laissé son art, ce qui est le plus important. Tout ce qu’il a fait était absurde, en tant que personne et en tant que joueur», a-t-il ajouté.

Buts, records, succès : Pelé, une vie de football en images

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Mais bien au-delà du foot et de l’excellence sportive, Pelé est pour le Brésil un symbole de sa diversité et d’une unité nationale qui semble avoir disparu pour laisser place à la polarisation extrême. À quelques centaines de kilomètres de Santos, Paulo Vinicius, 38 ans, et son neveu Bernardo, 9 ans, se font quelques passes sur la plage d’Ipanema, à Rio de Janeiro. «Pour moi, Pelé représente ce que le Brésil a de meilleur : son peuple, sa classe ouvrière, estime Vinicius, professeur d’éducation sportive. C’est une icône… Quel mot est plus célèbre que Pelé ?»

Fraîchement élu, le président Luiz Inacio Lula da Silva a rendu hommage à l’éternel numéro 10 mardi matin, accompagné de son vice-président, Geraldo Alckmin. Le président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino, a lui aussi fait le voyage, et assuré que la Fifa demanderait à «tous les pays du monde» de baptiser au moins un de leurs stades du nom de Pelé. D’autres visages, très attendus, comme celui de Neymar, étaient absents.
Pelé souffrait d’un cancer du côlon depuis 2021. Il s’est éteint jeudi 29 décembre à 82 ans des suites de complications.

Le Mémorial de la nécropole œcuménique, cimetière le plus haut du monde

Une fois la veillée achevée, un long cortège funéraire a transporté le «Roi», drapé des couleurs du Brésil et du Santos FC, à travers les rues de la ville, s’arrêtant notamment devant la maison de sa mère, Celeste Arantes do Nascimento, qui célébrait son 100e anniversaire en novembre dernier. Familles, jeunes et moins jeunes étaient réunis tout au long du cortège pour saluer le camion de pompier où reposait le cercueil.

Dernier arrêt de cet ultime voyage : le Mémorial de la nécropole œcuménique. Ce cimetière, le plus haut du monde selon le livre Guinness des records, Pelé l’avait choisi il y a près de vingt ans déjà, car il ne ressemblait justement pas à un cimetière, et pour la «paix et la tranquillité spirituelles» qui en émanaient. En hommage à son père, qui porta pendant sa carrière de footballeur le numéro 9, Pelé choisit une place au 9e étage, bénéficiant d’une vue sur le stade de sa carrière, le Vila Belmiro.

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