Légendes, «Wemby», Macron… Chicago s’impose mais c’est (surtout) la NBA qui gagne à Paris

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REPORTAGE – La NBA a fait son show toute la semaine à Paris, jusqu’au match remporté 126-108 par les Bulls devant les Pistons, jeudi, à l’Accor Arena.

A l’Accor Arena

«Je suis près de dire que ce voyage est un succès avant même la tenue du match», souriait Adam Silver mercredi, à la veille de Chicago-Detroit. Nul doute que le grand patron de la ligue NBA n’a pas changé d’avis après ce qui était le deuxième match de saison régulière à Paris après Milwaukee-Charlotte en 2020. L’Accor Arena à guichets fermés (les billets vendus en moins de 30 minutes) et pleine à craquer malgré les grèves, nombre record de diffuseurs, de partenaires : la NBA est comme chez elle à Paris. Le jeune (21 ans) meneur français des Pistons Killian Hayes l’était un peu plus encore, lui qui a été invité à dire quelques mots avant la partie depuis le centre du terrain. «Killian, il faut assurer», a glissé Tony Parker, en maître de cérémonie taquin. Avec 4 points et 7 passes, l’ex-Choletais, maladroit (2/13), n’a pas pu éviter la défaite des siens contre les Bulls (126-108) de Zach LaVine (30 pts) et DeMar DeRozan (26), vainqueurs de ce que M. Silver décrit comme «un All Star Game européen».

Et il y avait effectivement de quoi s’y méprendre, le début de match se déroulant en haute altitude, avec de nombreux dunks et autres actions spectaculaires, ici un caviar entre les jambes de Vucevic signée Hayes, là une passe dans le dos de DeRozan pour Vucevic… Avant le coup d’envoi, l’ambiance montait avec les animations habituelles en NBA, le DJ des Pistons, la célèbre mascotte Beny The Bull… Classique mais efficace avant un match de bonne facture. C’est évidemment Hayes qui a pénétré sur le parquet en premier lors de l’entrée de l’équipe de Detroit pour l’échauffement, en guide.

Hayes, en forme dernièrement, qui se rêve un destin doré, dans les pas de quelques légendes françaises présentes jeudi, Joakim Noah, Mike Piétrus, Ronny Turiaf et TP. «Il avait de la pression, j’en avais un peu peur… Les Bulls ont bien défendu mais il a manqué des tirs qu’il mettait ces derniers mois», a résumé Dwane Casey, le coach de Detroit. «C’est frustrant. En étant en France, je voulais faire un gros match… Ce n’était pas mon jour mais c’est comme ça. La pression ? Non. J’ai pris les tirs que je prends d’habitude», a indiqué l’intéressé.

Magic, Verratti, Gasly dans les tribunes

La NBA a d’ailleurs amené plusieurs figures bien connues dans ses valises, à l’image d’un certain Magic Johnson, aux premières loges, assis à côté de Pharrell Williams. Évidemment, la future star française Victor Wembanyama, futur numéro 1 de la Draft NBA, était là. Idem pour les pilotes de F1 Pierre Gasly et Esteban Ocon ou encore le milieu du PSG, Marco Verratti. On imagine que certains de ses coéquipiers auraient aimé être de la partie, Kylian Mbappé en tête, mais les Rouge et Bleu étaient en déplacement en Arabie saoudite jeudi. Toujours est-il que les stars étaient autant sur le parquet que dans les tribunes pour cet événement, un match de saison régulière à Paris, un match qui compte donc. Et le retour des Bulls pour la première fois depuis un match de présaison en 1997. À l’époque, Michael Jordan entamait sa dernière saison avec le club de l’Illinois. Les temps ont changé, mais le mythe fait toujours vendre. Chicago est d’ailleurs l’une des équipes les plus «bankables» à l’international.

Je suis ravi et fier du choix de la NBA de faire de la France et de Paris l’un de ses terrains de jeu privilégiés dans le monde.

Emmanuel Macron

La ligue nord-américaine a donc fait carton plein dans tous les domaines à Paris. Ce fut le cas au travers de diverses animations au cours de la semaine dans la capitale, auprès des petits et des grands. Adam Silver en a aussi profité pour rencontrer le président Macron mercredi, la NBA annonçant jeudi «une collaboration comprenant une série d’initiatives dont l’objectif est de mettre en lumière le basket en France et en Afrique sur tous les niveaux». Partenariat à venir avec la Fédération française (FFBB) et la Ligue Nationale de Basket (LNB). «Je suis ravi et fier du choix de la NBA de faire de la France et de Paris l’un de ses terrains de jeu privilégiés dans le monde, a déclaré Emmanuel Macron par le biais d’un communiqué. Cela reflète la relation spéciale de longue date que la France entretient avec la NBA.» Sans doute les réunions les plus agréables et les plus simples pour le président de la République en ces derniers jours de tensions sociales.

Régional de l’étape, Killian Hayes n’a pas été en réussite jeudi, à Paris. JB Autissier / PANORAMIC

Côté jeu, les Bulls, eux, n’étaient pas en mode All Star Game. Pas assez pour oublier leur objectif en tout cas, eux qui sont 10es à l’Est, devant les Pistons, 14es et avant-derniers. Ils ont navigué en tête durant toute la première période, avec le plus souvent un écart à deux chiffres. 65-56 à la pause. Match d’attaque. Assez pour ravir ce public bon enfant, conquis, heureux, familial, assez international, autant que la tribune de presse richement peuplée (plus de 200 accrédités). Public qui a pu constater que DeRozan, un temps incertain, n’a rien perdu de sa technique soyeuse. Hayes n’a pas été très en réussite, préférant se mettre à la disposition de ses équipiers.

Peu après la reprise, au tour d’anciennes gloires de Detroit d’être honorées au milieu du terrain, Rip Hamilton et Ben Wallace, ainsi que Magic, ce dernier remportant évidemment la palme à l’applaudimètre. Dans le jeu, Nikola Vucevic (16 pts, 15 rbs) plus discret qu’en début de match, mais les Bulls aux commandes malgré les percussions de Hamidou Diallo (17 pts), vainqueur du concours de dunks 2019 et qu’on a vu cette semaine avec les jeunes du Paris-SG.

Zach LaVine met tout le monde d’accord en seconde période

Le niveau de jeu montait d’un cran au fil des minutes, avec LaVine, l’homme de la seconde période et du match, qui claquait un énorme dunk pour le show. Les joueurs de Dwane Casey avaient le mérite de ne pas lâcher, de rester plus ou moins au contact. Tant mieux pour les fans, tant mieux pour le suspense. En manque cruel d’adresse, ils tentaient le tout pour le tout en attaquant le cercle, histoire d’y croire un peu. Du suspense, mais pas de retournement de situation, DeRozan et compagnie ne perdant pas le fil dans le «money-time» (126-108 score final), malgré de contexte si particulier et au terme de ce que tous les acteurs ont qualifié de «grande expérience». Ils ont également tous mis en avant la «belle ambiance» de l’Accor Arena. «C’était un privilège de faire partie de cet événement», a dit DeRozan.

Chicago empoche la victoire, mais bien évidemment, c’est la NBA qui sort en grand vainqueur de cette séquence. Adam Silver n’a pas caché qu’il s’attendait à revenir l’année prochaine à Bercy. Pas encore officiel, mais c’est tout comme… Même chose pour «Wemby», pas encore officiellement en NBA, mais qui fait déjà partie de la famille. Comme M. Silver l’avait dit mercredi, même Magic, parti quelques minutes avant la fin, a pris le temps de lui serrer la main… Tout le monde veut approcher le phénomène, l’autre star du soir.

La hype est folle. Du jamais vu pour un joueur qui n’évolue pas encore en NBA depuis LeBron James ! «C’est un talent qu’on n’a encore jamais vu, s’enthousiasme Hayes. Il fait 2,21m, il shoote, il dribble et il bouge comme un gars qui fait 1,90 ! C’est impressionnant, on ne voit pas cela tous les jours… Il aidera son équipe, où qu’il aille, en attaque et en défense. Il a un très grand futur devant lui.» Qui sait, on le verra peut-être le prodige de 19 ans à Detroit en juin, l’une des pires équipes de la ligue US au classement et donc l’une de celles qui ont le plus de chance de drafter, fin juin, le prochain visage du basket français et peut-être mondial. La NBA attend le Français avec impatience. Et la France attend avec le même appétit la NBA.

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Lot atik