L’intérim médical à l’hôpital plafonné à 1 390 euros brut pour vingt-quatre heures à partir de lundi

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A compter de lundi 3 avril, les médecins intérimaires à l’hôpital ne pourront plus être payés plus que ce que prévoit la loi, soit 1 390 euros brut pour une mission de vingt-quatre heures.

         <p class="article__paragraph ">Comment arrêter ce phénomène des médecins intérimaires payés par les hôpitaux à des tarifs beaucoup plus élevés que les praticiens en poste, pour combler les trous de plus en plus béants dans certains services, sans mettre en difficulté les établissements ? Sept ans après le vote de la loi, les tarifs de l’intérim médical dans les hôpitaux publics vont donc finalement être plafonnés, un tour de vis assumé par le gouvernement malgré les craintes de fermetures de services.</p>             <p class="article__paragraph ">Quand l’ancienne ministre Agnès Buzyn fixe en 2018 le tarif maximal à 1 400 euros pour vingt-quatre heures, les intéressés répliquent par une <em>« liste noire »</em> des hôpitaux à <em>« éviter »</em>. Quand le dispositif est renforcé avec u<a href="https://www.lemonde.fr/sante/article/2021/10/22/reforme-de-l-interim-medical-le-gouvernement-fait-marche-arriere_6099452_1651302.html">ne deuxième loi en 2021</a>, alors que le prix de la garde est descendu à 1 170 euros, Olivier Véran suspend<em> </em>in extremis son entrée en vigueur, en pleine vague hivernale de Covid-19.</p>                                                <p class="article__paragraph ">Un an et demi plus tard, François Braun promet à son tour d’en finir avec <em>« l’intérim cannibale »</em> et ses <em>« dérives »</em> – jusqu’à 4 000 euros, voire 5 000 euros brut pour vingt-quatre heures – <em>« qui signeront à court terme la mort de notre service public hospitalier »</em>. Ce qui ne l’empêche pas de lâcher, une semaine avant la date butoir, une hausse de 20 %, à 1 390 euros (brut) pour vingt-quatreheures. <em>« Une somme tout à fait acceptable »</em>, estime-t-il.</p>                  <p class="article__paragraph ">Mais le ministre se prépare depuis des mois à un printemps difficile. <em>« Les intérimaires vont se mettre en grève ou refuser de travailler, on le sait parfaitement, ça va durer un mois »</em>, prédisait-il en octobre. Pour <em>« franchir le cap »</em>, les agences régionales de santé (ARS) ont été chargées de faire jouer la <em>« solidarité territoriale »</em> entre hôpitaux dans <em>« toutes les zones à risque »</em>. Combien et où ? <em>« La situation évolue chaque jour »</em>, esquive-t-on Avenue de Ségur.</p>                                                <h2 class="article__sub-title">« Remettre de l’attractivité »</h2>             <p class="article__paragraph ">Dans le Grand-Est, par exemple, <em>« la situation est encore très mouvante »</em>, reconnaît Thierry Gebel. Le délégué régional de la Fédération hospitalière de France (FHF) est moins inquiet qu’au début de mars, quand il redoutait la fermeture totale ou partielle de 79 services. Finalement, <em>« peu seront en rupture »</em>, car beaucoup d’établissements <em>« ont déprogrammé une partie de l’activité »</em> afin de préserver <em>« les ressources les plus rares »</em>, à commencer par les anesthésistes, les urgentistes et les gynécologues.</p>             <p class="article__paragraph ">Pas sûr que ce mode dégradé suffise partout à éviter la crise ouverte. Le Syndicat national des médecins remplaçants hospitaliers (SNMRH) a ainsi recensé 167 services <em>« menacés de fermeture imminente »</em> dans une centaine d’hôpitaux, pour la plupart situés dans des villes petites ou moyennes. Les intérimaires sont <em>« au moins 5 000 »</em>, chiffre-t-on dans les rangs syndicaux, surtout dans les spécialités <em>« à pied d’œuvre vingt-quatre heures sur vingt-quatre »</em> – les urgences, l’obstétrique, l’anesthésie, la pédiatrie… Le SNMRH évoque même <em>« au moins 10 000 » </em>intérimaires.</p>                                                <p class="article__paragraph "><em>« Nous sommes déterminés à refuser tout plafonnement »</em>, prévient son président, l’urgentiste Eric Reboli, bien esseulé toutefois dans la communauté médicale.</p>                 <p class="article__paragraph ">Les syndicats de praticiens hospitaliers lorgnent, en effet, les économies potentielles sur l’intérim – qui coûte chaque année 1,5 milliard aux hôpitaux – et demandent au gouvernement d’ouvrir une négociation salariale. <em>« Il faut remettre de l’attractivité pour la médecine hospitalière »</em>, plaide Thierry Godeau, président de la Conférence nationale des commissions médicales d’établissements de centres hospitaliers. Au nom de ses confrères de 750 hôpitaux publics, il souhaite <em>« parler des gardes, des astreintes »</em>, ou encore <em>« doubler la rémunération des heures supplémentaires »</em>.</p>             <p class="article__paragraph ">Revendication soutenue par l’ordre des médecins, qui juge dans le même temps que <em>« certaines pratiques excessives </em>(…)<em> n’ont déontologiquement plus lieu d’être »</em> et appelle les intérimaires et <em>« l’administration hospitalière »</em> à <em>« respecter le tact et la mesure dans les rémunérations »</em>. Les directeurs d’hôpitaux du Syndicat des cadres de direction, médecins, dentistes et pharmaciens des établissements sanitaires et sociaux publics et privés de la Confédération française démocratique du travail (Syncass-CFDT), premier syndicat chez ces hauts fonctionnaires, espèrent, eux, <em>« pouvoir compter sur le soutien de l’Etat »</em>, afin qu’aucun de leurs collègues ne se retrouve <em>« seul pour assumer la fermeture d’un service faute de praticiens acceptant les tarifs fixés par les textes »</em>.</p>                                                            <section class="author">  <p class="author__detail">  <span class="author__name">Le Monde avec AFP</span>  </p>   </section>    <section class="article__reactions">           </section>   

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