Mathias Pierre en signature à la 29ème édition de Livres en Folie

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Mathias Pierre sera en signature à la 29ème édition de Livres en Folie.

Mathias Pierre, sera en signature le jeudi 8 juin prochain, à la 29ème édition de Livres en Folie qui aura lieu à l’hôtel Karibe Convention Center dont Prosper Avril est l’invité d’honneur. L’ancien ministre chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques signera son ouvrage intitulé “Ruptures et Compromis” au prix de 3 000 gourdes. Lors d’une interview accordée à Juno7, il a expliqué en quelques mots pour le journal l’idée principale de ce livre présenté par C3 Éditions qui s’est occupée de son édition et de sa publication. Ci-dessous, l’intégralité de ses réponses.

Juno7: Vous serez à Livres en Folie cette année. Avec quel sentiment ?

M.P: Livre en Folie cette année est un retour en arrière à ma première participation le 11 juin 2009, il y a exactement 14 ans pour la signature de mon autobiographie, « Le Pouvoir du Rêve ». Cet ouvrage qui est destiné à inspirer les jeunes haïtiens sur la nécessité de continuer à rêver et à croire, dans leurs capacités, leur avenir, leur pays, malgré les moments difficiles que connaît ce dernier. « Origin Mwen Pap Kondane M », c’est le slogan qui était tiré de cet ouvrage avec lequel j’ai fait le tour du pays, pour initier en 2010, après le tremblement de terre du 12 janvier, un mouvement pour la promotion de l’entreprenariat avec la Fondation ETRE Ayisyen.
Comment relever le Défi d’ÊTRE Ayisyen ? La question complexe que je m’attelle à répondre. Je serai une fois de plus à Livre en Folie avec cet essai, en deux volumes de plus de 700 pages, qui tente de répondre à cette question complexe, dans un pays où les structures sont totalement effondrées, le Capital Humain au plus bas niveau, les élites affaissées et les masses en désarroi.

Juno7: “Ruptures et Compromis” est le titre de votre ouvrage. Pourquoi un tel titre?

M.P: Ruptures et Compromis, le titre et le sous-titre, l’écriture d’une nouvelle histoire économique d’Haïti pour intégrer la modernité, est un essai qui tente, à travers deux mots, de faire le diagnostic et suggérer la solution à la complexité haïtienne.
D’abord le mot Rupture, qui signifie « rompre, cessation brusque avec l’état actuel, avec l’harmonie actuelle ». Ensuite, le mot Compromis, dans la définition de ce mot il y a trois étapes évolutives, il y a une certaine progression d’une étape à l’autre et le Larousse définit le mot comme tel : « action qui implique des concessions réciproques, un état intermédiaire, une transition, et une convention par laquelle les partis en litige soumettent l’objet de celui-ci à un arbitrage ».

Du jeu de ces deux mots clés du titre du livre, qui traduisent, l’impact des chocs et la nécessité pour les élites haïtiennes de trouver ce compromis facilitateur avec les masses pour mettre fin à la violence endémique qui ronge la nation depuis plus de 200 années, je tente d’explorer les pistes de solution à la crise séculaire de la société haïtienne. Le sous-titre explique comment de la dernière grande rupture à venir ou en cours, il faut trouver le compromis, le seul moyen pour écrire une nouvelle histoire économique entre les acteurs vivant sur cette terre pour intégrer la modernité après tant d’opportunités ratées.

Juno7: Détaillez pour nous en quelques mots l’idée principale que contient cet ouvrage, c’est-à-dire l’idée que vous voulez partager avec les lecteurs?

M.P: Le titre, déjà, est révélateur de l’idée principale de cet essai. Haïti, cette grande interrogation, premier pays noir indépendant ayant défié le système esclavagiste mondial, mais une terre mystérieuse. Ayiti Quisqueya ou Bohio, Hispaniola, Saint Domingue et Haïti depuis, ces multiples noms, sont un témoignage des multiples bouleversements profonds, qui sont par ce que j’appelle les deux grandes ruptures qu’ont déjà connu cette terre.

1492, l’arrivée des Espagnols, qui finit par le génocide des tainos et 1804, la révolution et l’indépendance, qui termina par le massacre des Français. Si dans la première grande rupture, il y eut changement total de système—mise en place du système colonial—et d’acteurs, dans la deuxième rupture, il n’y eut que la remise en place du statu quo—mise en place du système néo colonial ou néo-esclavagiste— avec de nouveaux acteurs dominants pour un même système d’exploitation.

Un système caractérisé par une exclusion économique et sociale persistante des masses, source de la violence endémique qui ronge la nation haïtienne. Depuis 1986, le système en place depuis 1804 est à sa fin.

Haïti se retrouve dans une transition vers une troisième grande rupture, cette fois, seul un compromis historique facilitateur peut aider à faire le saut qualitatif pour intégrer la modernité.
Dans ces deux volumes de cet essai de plus de 700 pages, dans le Volume I, j’ai tenté de faire un état des lieux à travers l’histoire du modèle économique en place, source de la violence endémique et les chocs sociaux ; et dans le Volume II, dans un exercice très complexe j’ai osé suggérer une approche scientifique, basant sur les expériences d’autres pays, pour endiguer la violence par l’édification d’un État suffisamment légitime capable de contenir la violence et trouver le chemin pour intégrer la modernité.

Mathias Pierre en signature à la 29ème édition de Livres en Folie

Juno7: Combien de temps cela vous a pris pour écrire ce livre?

M.P: Nous avons débuté ce travail en 2018, et 5 ans plus tard, l’expérience et les évènements vécus dans le pays depuis, fournissent suffisamment d’éléments pour prouver la véracité de notre thèse développée dans l’essai ; ou du moins, prouver, que notre thèse n’est pas imaginaire et mérite d’être pris en compte dans la résolution de la crise haïtienne.

Juno7: Présentez-nous le livre: nombre de pages, la maison d’édition, qui l’a préfacé, qui l’a corrigé entre autres.

M.P: Le livre est du genre essai en deux volumes, Volume I, 410 pages et Volume II 300 pages. Nous avions eu des heures de travail et de réflexions avec le Professeur Anthony Barbier, de regrettée mémoire, et le Docteur Maxius Jean Bernard. Le livre est présenté par C3 Éditions qui s’est occupée de son édition et de sa publication. Il est préfacé par le Docteur Tima Mondésir.

Juno7: Un message pour terminer

M.P: J’espère que ce travail sera une contribution pour la société haïtienne en déchéance totale. J’invite, en toute modestie, les étudiants, les chercheurs, les politiques et les intellectuels à faire usage de ce travail. J’ai pris du temps pour analyser des données économiques sur plusieurs années, qui sont présentées sur des graphes et tableaux, afin d’aider à comprendre le défi auquel fait face Haïti. J’inclus ici un extrait de la préface du Docteur Mondésir :

« Cet essai constituerait donc un plaidoyer fondamental pour l’écriture d’une « nouvelle histoire » faite de réalités économiques tout à fait nouvelles, plus sobres et promotrices de changements profonds et définitifs des conditions de vie des masses défavorisées. Laquelle histoire prendrait, dès maintenant, ses débuts, par l’établissement d’un « nouveau compromis » inter-haïtien, à la faveur d’une nouvelle rupture provoquée par le choc des présentes contradictions. Dans la logique des anciens modèles de rupture, mais, cette fois-ci, avec une nouvelle doctrine ou formule consensuelle prônée par les acteurs. C’est d’ailleurs la thèse soutenue par l’essentiel du texte…

Pour ceux et celles qui voudraient voir en cet ouvrage une œuvre réactionnaire, voire opportuniste, l’auteur s’inventorie à mobiliser l’opinion sur la nécessité de maîtriser les contours politiques des décisions et des indécisions historiques qui ont forcé la barque nationale à s’engager sur cet océan miné de récifs. Il invite à la patience pour faire le détour nécessaire afin de sortir de cette impasse en sachant s’arrêter à temps pour éviter le naufrage. »

En savoir plus:

29 mai 1932: fondation de la Croix-Rouge haïtienne

Lot atik