Mort du compositeur Edouard Artemiev, un maître de l’électronique

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Sa mort le 29 décembre à Moscou, le même jour que le roi du football Pelé et l’impératrice du punk Vivienne Westwood, est passée inaperçue, une éclipse qui rappellera le précédent d’un autre compositeur russe, Serge Prokofiev, dont la disparition, le 5 mars 1953, fut ensevelie par les hommages à Joseph Staline. Le nom d’Edouard Artemiev, qui était âgé de 85 ans, est pourtant familier des amateurs de cinéma soviétique. Tels ceux qui fréquentaient à Paris Le Cosmos (aujourd’hui L’Arlequin), établissement voué dans les années 1980 à la programmation de films labellisés par l’organisme étatique Sovexportfilm. Ils lurent son nom au générique des œuvres du plus inventif et influent cinéaste soviétique de l’après-guerre, Andreï Tarkovski, dont Artemiev signa les bandes originales de Solaris (1972), Le Miroir (1975) et Stalker (1979). Et se surprirent à entendre que, derrière le rideau de fer, existait un cousin de Vangelis et du groupe allemand Tangerine Dream. Un maître des synthétiseurs et de la musique électronique ambiante.

      <p class="article__paragraph ">A partir des années 1970, Artemiev devint la référence soviétique pour les musiques de films, exercice dans lequel Prokofiev avait brillé auprès d’Eisenstein avec les partitions d’<em>Alexandre Nevsky </em>et d’<em>Ivan le Terrible. </em>La beauté cosmique de sa musique pour Tarkovski l’amena à travailler avec Nikita Mikhalkov, au temps où celui-ci adaptait Tchekhov (<em>Partition inachevée pour piano mécanique</em>, 1977) et Gontcharov (<em>Quelques jours de la vie d’Oblomov,</em> 1980) et n’était pas encore un propagandiste ultranationaliste. Et aussi avec le frère de Mikhalkov, Andreï Kontchalovski, pour la fresque historique de <em>Sibériade, </em>Grand prix du jury en 1979 au Festival de Cannes.</p>          <p class="article__paragraph ">Celle-ci contient le thème le plus célèbre d’Artemiev, <em>La Mort d’un héros</em>, utilisé pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi en 2014, comme le fut pour la clôture un extrait de <em>Le Nôtre parmi les autres</em>, western spaghetti avec des tchékistes réalisé par Mikhalkov en 1974. Le cinéaste prit modèle sur Sergio Leone et Artemiev, en toute logique, sur Ennio Morricone en convoquant une trompette de la mort mariachie. Quarante ans plus tard, sa musique était honorée au même titre que celle de<em> </em>Tchaïkovski, Moussorgski ou Stravinsky, ce qui donne une idée du statut qu’il avait acquis dans son pays. Depuis longtemps déjà puisqu’Artemiev avait composé la cantate <em>Rituel, </em>à partir d’écrits de Pierre de Coubertin, pour les Jeux olympiques de Moscou en 1980. Une <em>« symbiose de tous les moyens d’expression à ma disposition </em>(…) <em>avec l’électronique comme pivot », </em>expliqua-t-il. L’œuvre employait en effet les grands moyens, en associant un orchestre symphonique et un groupe de rock, des voix solistes et un chœur à force synthétiseurs.</p>        <p><strong>Il vous reste 41.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.</strong></p>    

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