Paris-Roubaix : Mathieu Van der Poel impérial et imbattable dans « l’Enfer du Nord »

Paris-Roubaix : Mathieu Van der Poel impérial et imbattable dans « l’Enfer du Nord »

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Et de trois ! Après le Tour des Flandres (en 2020 et 2022) et Milan-San Remo en mars, Mathieu Van der Poel a ajouté un troisième Monument – les courses d’un jour les plus prestigieuses – à son palmarès en remportant Paris-Roubaix, dimanche 9 avril. Au terme d’une course mouvementée, le Néerlandais a réussi à éviter les chutes et les problèmes techniques pour arriver seul sur le vélodrome André-Pétrieux, et savourer sa victoire au terme du Paris-Roubaix le plus rapide de l’histoire.

La fête est même totale pour son équipe, Alpecin-Deceuninck, puisque son coéquipier belge Jasper Philipsen a pris, au sprint, la deuxième place devant l’autre favori du jour, Wout van Aert (Jumbo-Visma). « On a travaillé en équipe aujourd’hui. Jasper est 2e, c’est impossible de faire mieux. J’étais vraiment dans un bon jour. J’ai attaqué plusieurs fois. C’est incroyable, difficile de décrire ce que l’on ressent en arrivant seul sur le vélodrome », déclarait, ému, le vainqueur du jour à l’arrivée de la course.

Cette victoire, le petit-fils de Raymond Poulidor – qui n’avait, lui, jamais fait mieux qu’une cinquième place dans « l’Enfer du Nord » – l’a acquise après 257 kilomètres de combat, dont 55 de secteurs pavés. Et, malheureusement pour eux, de nombreux coureurs n’ont pas eu le loisir de tous les parcourir, la faute à des chutes incessantes dans une entame très nerveuse. Vainqueur en 2018, Peter Sagan (TotalEnergies) a ainsi manqué de chance et a dû rendre les armes à 150 kilomètres de l’arrivée après être violemment tombé.

Mathieu Van der Poel a évité les chutes

Sans résultats depuis de longs mois, le Slovaque n’aurait sans doute de toute façon pas eu les jambes pour suivre les favoris de la course, qui ne se sont jamais laissés de répit tout au long de la journée. Preuve de l’âpreté des débats, les quatre coureurs ayant courageusement tenté leur chance dans une échappée n’ont jamais compté plus de deux minutes d’avance sur le peloton.

Les chances de survie de cette échappée n’étaient déjà pas très élevées, mais sont devenues nulles quand, à 100 kilomètres de l’arrivée, l’armada de la Jumbo-Visma a décidé de prendre les choses en main et d’accélérer pour se détacher, accompagnée de tous les favoris du jour, dont Stefan Küng (Groupama-FDJ), Filippo Ganna (Ineos Grenadiers) et, bien sûr, Mathieu Van der Poel.

Malheureusement pour les jaune et noir, son leader, Van Aert, a dû très rapidement se passer de son lieutenant Christophe Laporte, en grande forme ces derniers temps – vainqueur de Gand-Wevelgem et d’A travers la Flandre – mais victime d’une crevaison qui lui a fait perdre un temps rédhibitoire. « On n’a pas eu de chance. C’est Paris-Roubaix, malheureusement j’ai crevé et j’ai essayé de revenir sans y arriver. C’est sûr que ça change la course », constatait, amer, le Français à l’arrivée de la course auprès de France Télévisions.

Les Jumbo-Visma victimes des crevaisons

Outre Christophe Laporte, ne restait alors devant que les hommes forts des classiques flandriennes, au sein d’un groupe se réduisant au fil des kilomètres et des secteurs pavés. Ils n’étaient ainsi plus que sept au moment décisif du carrefour de l’Arbre (2,1 kilomètres de pavés, à 15 kilomètres de l’arrivée). C’est là que s’est jouée la course : suite à un contact avec les deux Alpecin-Deceuninck, John Degenkolb (DSM) a chuté, et Wout van Aert s’est retrouvé seul en tête, mais n’a pas eu le loisir de profiter longtemps de son avance.

Son rival de toujours, Mathieu Van der Poel, n’a en effet eu besoin que de quelques mètres pour le reprendre, avant de le décrocher facilement de sa roue. Trop facilement même : le Belge était en fait victime d’une crevaison et a été contraint de laisser partir, impuissant, le Néerlandais vers la victoire et son troisième Monument. « Je n’ai pas vu sur le moment que Wout avait crevé. Pas de chance pour lui. On aurait peut-être pu aller au bout ensemble. Ça fait partie de la course, ici, à Roubaix », analysait Mathieu Van der Poel à l’arrivée.

Pour réussir le Grand Chelem, il lui faut maintenant lever les bras sur Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie, les deux dernières grandes courses d’un jour manquant à son palmarès. De son côté, Wout van Aert voit de nouveau l’un de ses rivaux ajouter une pièce à son armoire à trophée, après avoir déjà assisté de près à la victoire de Tadej Pogacar sur le Tour des Flandres. Malgré la supériorité de son équipe pendant la saison des classiques, Van Aert ne compte toujours qu’un seul Monument à son palmarès, Milan-San Remo en 2020.

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Lot atik