Priscilla Majani condamnée en appel à deux ans et neuf mois de prison ferme

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Priscilla Majani reste en prison. Mercredi 4 janvier, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé la culpabilité de cette mère de 48 ans pour soustraction et non-présentation d’enfant, prononcée le 23 novembre par le tribunal correctionnel de Toulon, et l’a condamnée à deux ans et neuf mois de prison ferme. A titre de peine complémentaire, la cour a prononcé une interdiction de quitter le territoire national pendant trois ans, ainsi que la privation de ses droits civiques, civils, et de famille sur la même période.

        <p class="article__paragraph ">En réparation du préjudice moral, M<sup>me</sup> Majani est condamnée à verser 30 000 euros à Alain Chauvet, son ex-époux et père de leur fille. Contrairement au tribunal, la cour d’appel n’a pas retenu le délit de dénonciation mensongère contre la prévenue, qui, en 2011, avait accusé le père de l’enfant de viol et d’agression sexuelle. Elle a en conséquence été relaxée de ce chef.</p>            <p class="article__paragraph ">Dans son arrêt rendu 4 janvier, la cour d’appel d’Aix-en-Provence considère que <em>« Priscilla Majani s’est placée dans la toute-puissance, en s’arrogeant le droit de disposer de la vie de l’enfant du couple au mépris total des droits du père, et alors même que l’enfant n’avait, à l’époque de la dénonciation, pas de perturbation affective dans sa relation avec son père ».</em></p>                                              <p class="article__paragraph ">M<sup>me</sup> Majani, ingénieure militaire, avait quitté le Var du jour au lendemain avec sa fille de cinq ans en 2011, après avoir accusé son ex-époux Alain Chauvet de viol et d’agression sexuelle sur l’enfant. La plainte avait été classée sans suite, après un examen gynécologique qui ne relevait aucune lésion anale ou génitale et une expertise psychologique concluant à l’absence de souffrance psychique ou de trouble sexuel ou phobique.</p>                 <p class="article__paragraph ">Après onze ans de cavale, Priscilla Majani, avait été arrêtée en février 2022 dans le canton de Vaud, en Suisse, lors d’un simple contrôle routier. Elle s’était installée en Suisse sous une fausse identité avec sa fille après avoir séjourné dans différents pays. Extradée en France en août 2022, elle avait été placée en détention provisoire, avant d’être jugée à Toulon, le 16 septembre.</p>            <h2 class="article__sub-title">L’adolescente a porté plainte contre son père</h2>            <p class="article__paragraph ">En première instance comme en appel, M<sup>me</sup> Majani s’était présentée comme une mère protectrice, ayant cherché à sauver sa fille de son père violent : <em>« Partir avec ma fille, c’est la plus belle chose que j’aie faite dans ma vie »</em>, avait-elle déclaré. Le tribunal l’avait condamnée à cinq ans de prison ferme, une peine dont elle avait aussitôt fait appel.</p>            <p class="article__paragraph ">Dans son arrêt, la cour observe que les conséquences de cette cavale sont <em>« dramatiques »</em> pour l’enfant, qui a été <em>« tout d’abord déracinée subitement de son environnement affectif et géographique, a ensuite été élevée sans son père, ce qui a pu générer des carences dans sa construction, a grandi dans la clandestinité, donc dans un cadre insécurisant, sous une fausse identité, et dans la crainte de cet homme, ce qui a dû être une source d’angoisse importante pour elle »</em>.</p>                <p class="article__paragraph ">Aujourd’hui âgée de 17 ans, la jeune fille vit dans une famille d’accueil et sa tutelle a été confiée à un service de protection de l’enfance en Suisse. Cinq jours avant la comparution de sa mère en appel, l’adolescente avait porté plainte contre son père pour violences sexuelles, physiques et psychiques. Les avocats de la prévenue avaient également versé une vidéo dans laquelle elle réitérait ses accusations contre son père et faisait l’éloge de sa mère. Mais pour la cour, ce témoignage <em>« permet d’appréhender une part des préjudices causés à cette jeune fille ».</em></p>            <p class="article__cite">« Les conditions dans lesquelles Priscilla Majani a été interpellée, sur mandat d’arrêt, parce qu’elle avait fui pour ne pas avoir à respecter les décisions de justice, et son discours encore à l’audience de la cour, témoignent de l’absence totale de remise en question de la prévenue, manifestement prête à quitter de nouveau le territoire pour échapper à ses responsabilités vis-à-vis de la justice et à sa sanction. »</p>            <p class="article__paragraph ">Autant d’éléments qui, pour les juges d’appel, rendent <em>« indispensable » </em>le prononcé d’une peine d’emprisonnement ferme<em>, « toute autre sanction étant manifestement inadéquate. » </em>De nombreuses personnalités, dont Eva Darlan, et anonymes<strong> </strong>espéraient sa relaxe, en manifestant leur soutien à Priscilla Majani sous un mot d’ordre collectif : <em>« J’aurais fait comme elle »</em>. Une pétition en ligne comptait mercredi 4 janvier, plus de 12 000 signatures.</p>            <section class="author">  <p class="author__detail">  <span class="author__name">Le Monde</span>  </p>  </section>    <section class="article__reactions">         </section>   

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Lot atik