« Que fait la police ? Elle nous tue ! » : à Blois, un rassemblement critique la police pour son traitement des violences faites aux femmes

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« Aujourd’hui, une femme se trouve entre la vie et la mort. Le 12 juin, une autre est morte poignardée par son compagnon, ici à Blois. Combien faudra-t-il de féminicides pour que ça change ? » Estelle (les personnes citées ont souhaité demeurer anonymes), la cinquantaine, est venue braver la bruine pour participer, mardi 20 décembre en soirée, à un rassemblement devant les grilles du commissariat, quai Saint-Jean, à l’appel du collectif Droit des femmes 41. Cent trente personnes ont été décomptées par les autorités.

Une semaine plus tôt, le 13 décembre à 19 heures, une jeune femme de 24 ans prénommée Chloé a été découverte inconsciente et grièvement blessée au crâne, dans le hall d’un petit immeuble de deux étages, rue Croix-Boissée. Elle se trouve, depuis, plongée dans un coma artificiel au CHU de Tours. Son ancien compagnon, âgé de 27 ans, a été interpellé le 15 décembre en région parisienne. Il a reconnu les faits. « Un juge d’instruction a été saisi pour tentative de meurtre par ancien conjoint ou concubin, le mis en cause a été mis en examen de ce chef », a expliqué la procureure de la République de Blois, Charlotte Beluet.

Cette agression sidère d’autant plus les manifestants qu’elle aurait pu être évitée. Deux heures avant, Chloé s’était présentée au commissariat de Blois pour signaler le harcèlement et les menaces de son ex-petit ami déjà connu de la justice pour des faits de violence. Selon le quotidien La Nouvelle République, son refus d’une conversion forcée à l’islam, la religion du jeune homme, avait précipité les tensions, déclenché des violences à l’encontre de la victime et enfin leur rupture début décembre, après quatre mois de relation. Mais quand Chloé est entrée au commissariat, on lui a rapidement signifié que sa plainte ne serait pas enregistrée le jour même et qu’elle pouvait rentrer – seule – chez elle. « Il apparaissait que le jour des faits, vers 17 heures, elle s’était présentée à l’accueil du commissariat de police de Blois et qu’elle avait été invitée à se représenter le lendemain », a confirmé la procureure de la République de Blois dans son communiqué du vendredi 16 décembre.

L’IGPN saisie

L’IGPN, la police des polices, a été saisie, le même jour, sur demande du préfet de Loir-et-Cher, François Pesneau, « afin de connaître précisément les conditions dans lesquelles la victime avait été, peu de temps avant les faits, accueillie au commissariat ». Dans l’attente de ses conclusions, le policier n’ayant pas pris la plainte de la jeune femme a été suspendu à titre conservatoire. Le maire socialiste de Blois, Marc Gricourt, exige des actes : « S’il y a eu dysfonctionnement, des sanctions devront être prises. Ce qui s’est passé est affreux, terrible, intolérable. »

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Lot atik