RD: plusieurs dizaines de propiétaires dont des Haïtiens perdent leur maison à cause du mur anti-immigration à la frontière

RD: plusieurs dizaines de propiétaires dont des Haïtiens perdent leur maison à cause du mur anti-immigration à la frontière

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RD: plusieurs dizaines de propriétaires dont des Haïtiens expropriées à cause de la construction du mur anti-immigration à la frontière.

 

La construction du mur lancé depuis février 2022 le long de la frontière haïtiano-dominicaine commence à faire son lot de victimes. Plusieurs dizaines de personnes qui y vivaient ont perdu leur maison à cause de cette clôture. Les victimes se plaignent aussi des faibles compensations qui leur sont octroyées, selon un reportage de BMFTV.

Cette situation a déjà touché le bidonville de La Mara, à Dajabón, où une trentaine de familles ont été expulsées après que des bulldozers ont détruit leurs maisons. Une cinquantaine d’autres devraient subir le même sort dans la province de Monte Cristi. Ces maisons, déclarées d’utilité publique par l’État dominicain, sont marquées en rouge du sceau « MF » [mur frontalier].

 

Des expropriés se plaignent des compensations

L’État dominicain, via son ministère de la Défense, responsable des travaux, a annoncé en novembre une enveloppe de 79 millions de pesos pour indemniser les personnes expropriées. Mais certains jugent que l’indemnisation est trop faible.

« L’argent qu’ils m’ont donné n’est pas suffisant. Les autorités ne m’ont apporté aucun soutien et maintenant je vis seule », dénonce Lidna Dorfinis, une haïtienne qui réside à La Mara, rapporte AFP. Cette trentenaire a certes reçu 250 000 pesos mais elle affirme que ce n’est pas suffisant pour acheter un terrain et construire une maison dessus.

Même son de cloche à Monte Cristi où certains estiment que ces indemnités ne sont pas à la hauteur. « S’ils veulent se débarrasser de nous, qu’ils le fassent pour quelque chose de valable. Sinon, qu’ils nous laissent tranquille », proteste Dominga, une Dominicaine de 41 ans. « Je suis arrivée ici bébé. Je rampais. Repartir à zéro sera très difficile ».

Pour « lutter contre l’immigration clandestine et protéger la République dominicaine des gangs haïtiens », le président Luis Abinader a lancé en février 2022 la construction d’un mur sur la frontière entre son pays et Haïti. Cet ouvrage en béton devrait mesurer 160 kilomètres de long.

Le mur menace la mangrove et impacte le tourisme local en terre voisine

L’Académie dominicaine des sciences estime que les dommages causés par la construction du mur à la zone humide du parc national de Monte Cristi sont « irréparables ». En effet, cette construction sillonne une épaisse mangrove et met en péril l’écosystème en la privant d’eau, explique-t-on.

L’ouvrage en question a aussi « un impact très négatif » sur le tourisme local, selon Hiciar Blanco, président de Manzanillo EcoAventura, une agence qui organise des visites et promeut la préservation de la région.

« Il a déjà commencé à nous affecter car c’était une zone où nous venions montrer la mangrove aux touristes », dit-il. Lorsque la clôture frontalière sera terminée, « nous n’aurons pas un accès facile » déclare M. Blanco, car une grande partie de la forêt de mangrove se trouve du côté haïtien.

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