VIH : le nombre de nouveaux diagnostics ne diminue pas en France

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C’est un paradoxe de la lutte contre le VIH. Jamais l’arsenal des moyens de prévention n’a été aussi riche et diversifié. Pourtant, le nombre de nouveaux diagnostics d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine ne diminue pas en France, relève Santé publique France (SPF), dans un document publié mardi 29 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale du sida, jeudi 1er décembre.

De 2012 à 2019, l’activité de dépistage du VIH a régulièrement augmenté, passant de 5,3 millions de tests à 6,1 millions par an. Puis elle a chuté entre 2019 et 2020 (– 13 %), en lien avec l’épidémie de Covid-19. Cette diminution « n’a pas été rattrapée totalement en 2021 (+ 8 %), d’où un déficit du recours au dépistage », relève SPF.

Quant au nombre de nouveaux diagnostics, il a fortement diminué entre 2019 et 2020 (– 22 %). Une chute « en lien avec la diminution de l’activité de dépistage, mais sans doute également avec une baisse des expositions au VIH liée aux mesures de distanciation sociale, et avec la baisse des flux migratoires notamment en provenance d’Afrique subsaharienne », analyse SPF.

En 2021, environ 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité VIH, un nombre stable par rapport à 2020. Une stabilité observée quel que soit le mode de contamination ou le lieu de naissance : hétérosexuels nés à l’étranger ou en France, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes nés à l’étranger ou en France, usagers de drogues par injection, personnes trans.

Dépistage gratuit et sans ordonnance

En 2021 aussi, 24 % des diagnostics ont été réalisés à un stade précoce de l’infection, « une proportion qui tend à diminuer », relève Florence Lot, de la Direction des maladies infectieuses à SPF ; 47 % l’ont été à un stade intermédiaire, une proportion qui augmente ; et 29 % à un stade avancé (sida ou taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200 par mm3), « une proportion assez stable ces dernières années ». Les données pour l’année 2022 ne sont pas encore connues.

« Une amélioration du dépistage est nécessaire pour diminuer les diagnostics tardifs et les contaminations », observe SPF. « Un dépistage précoce permet de bénéficier d’un traitement antirétroviral, de faire baisser la charge virale et, ainsi, de ne plus transmettre le VIH », souligne Florence Lot.

Or un nouveau dispositif permet, depuis le 1er janvier, de se faire dépister pour le VIH gratuitement, sans avance de frais et sans ordonnance, dans tous les laboratoires de France. « Ce dépistage sans ordonnance est une très bonne mesure, en particulier pour les plus jeunes et les plus âgés, qui sont sous-dépistés », estime le professeur Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, à Paris.

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Lot atik